Le 25/02/10, 12h27
Yann Le Guernigou
Un dépôt de gerbe à l'arrivée, une dédicace des plus neutres au départ, Nicolas Sarkozy a visité jeudi le mémorial des victimes du génocide rwandais sans esquisser la moindre reconnaissance d'une responsabilité française dans les événements.
Arrivé en provenance du Gabon via le Mali, où il avait effectué une escale nocturne, le président français a entamé une courte visite au Rwanda par ce mémorial où sont inhumés les restes de 280.000 victimes des événements de 1994.
Après s'être incliné devant une fosse collective, il a passé une vingtaine de minutes dans les salles du bâtiment où sont retracés la genèse et le déroulement du massacre de quelque 800.000 Rwandais, pour la plupart d'ethnie tutsie, par des milices de la majorité hutue.S'y succèdent des séries de photos sur les atrocités commises dans ce petit pays d'Afrique des Grands Lacs accompagnées de panneaux explicatifs, de portraits de victimes et d'orphelins du conflit.
Nicolas Sarkozy a suivi avec attention et sans rien dire les explications d'un guide, même quand celui-ci s'est arrêté devant un panneau mettant en cause la France et son dispositif sur place, baptisé Turquoise, accusés par les autorités de Kigali d'avoir aidé le pouvoir hutu alors en place.
"On peut voir là que l'armée française a formé des milices hutues", a dit le guide en montrant une photo de militaires de l'opération Turquoise accompagnant en jeep une troupe de civils armés de fusils en bois.
"RÔLE ACTIF"
Le commentaire qui accompagne le cliché est éloquent : "La France a joué un rôle actif en armant et en entraînant les forces armées rwandaises pendant la guerre civile."
Dès lors que les rebelles du Front patriotique rwandais, qui forment l'ossature du pouvoir aujourd'hui à Kigali, ont gagné du terrain, "l'opération Turquoise aboutit à la création d'une zone hors danger pour les génocidaires (...) et une route d'évasion vers le Zaïre" voisin, lit-on encore.
La France a toujours contesté ces accusations, sources de graves tensions depuis plusieurs années avec le Rwanda.
Nicolas Sarkozy n'a rien dit non plus quand son guide a souligné que Kofi Annan, le secrétaire général de l'Onu à l'époque, avait depuis présenté ses excuses en reconnaissant avoir sous-estimé la gravité des événements.
(...)
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[Humain, prière de ne pas oublier l'Être]

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